Mardi 12 mai 2009
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C'est sûr, nous serons isolés...
Géographiquement s'entend, mais également professionnellement. L'hôpital de Nouméa se situe à environ 180 km à vol d'oiseau...au dessus de la mer de corail: une heure d'Hélico
aller, une heure d'helico retour ... pour les cas vraiment les plus sérieux.
Sur Lifou, il va falloir se débrouiller seuls dans bien des situations. Alors il est sûr que la qualité des soins apportés aux 10000 habitants de l'île par les 6 médecins de
dispensaire plus le seul médecin libéral, et par les quelques visites de spécialistes hebdomadaires ne doit pas être du niveau de celle trouvée en France (en métropole) en milieu urbain... ni même
de celle du profundis de la Creuse...
Quand je parle qualité, c'est de technicité et de moyens bien sûr, mais aussi de compétence, regardons la réalité en face : on est omnipraticien, pas omnipotent.
En revanche, pour ce qui est de la motivation et de la proximité avec le malade (limite promiscuité !) dans cette petite communauté, je crois qu'on devrait être bons ! Et
puis en milieu isolé, les responsabilités sont moins diluées dans la multitudes des intervenants : quand il y a un problème il faut le régler de A à Z (ou appeler l'hélico).
Autre point positif : à Lifou, on ne devrait pas non plus être noyés sous les consultations injustifiées, aux motifs insignifiants ou ridicules, telles qu'on les rencontre
le plus souvent en médecine de ville ici : pour ma part, plus de la moitié des patients vus en remplacement en milieu urbain n'auraient rien eu à faire dans un cabinet médical -
problème d'éducation sanitaire - mais ceci est une autre histoire...
Et puis, je peux me tromper mais je crois que - en moyenne - les Mélanésiens de Lifou sont plus tolérants face à la maladie (plus durs au mal) que les Toulousains de Lardenne (en
moyenne hein, c'est pas le moment de se fâcher avec les voisins !)
Tout ces aspects nous ramène un peu à la médecine de brousse connue en Afrique : des patients plutôt rudes aux pathologies variées requérants la plupart du temps un
traitement efficace bien codifié. Traitement qui a d'autant plus de chance de marcher que son organisme est naïf (naïf dans le sens : vierge de tout traitement médical conventionnel antérieur).
Voici d'ailleurs un petit texte très interressant issu du blog de l'association VINCRE (Vie en Nouvelle Calédonie, Recherche et Enseignement), un avant goût de ce qui nous attend
:
à l’usage des fraîchement affectés en dispensaire
Ambiance
Le médecin de dispensaire est un père.
Il n’est pas jugé sur sa compétence technique
mais sur ses capacités d’empathie.
Le mélanésien est doté d’un fatalisme élevé envers la maladie.
Un décès accidentel ne génère pas de rancune.
La vie terrestre est un épisode éphémère de la vie de l’esprit.
Etre reconnu comme un père
ne se gagne pas en quelques jours.
Le handicap du médecin de brousse est le turn-over important du personnel,
qui fait hésiter patients et paramédicaux à vous confier ce rôle.
Ainsi vous serez déjà satisfait d’être l’oncle
qui vient temporairement prodiguer ses conseils
(encore que l’oncle mélanésien ait un rôle bien plus important qu’en occident)
....
Tout semble opposer les conceptions de la santé chez le mélanésien et
l’occidental:
Pour le premier, c’est l’équilibre entre l’homme, ses proches, sa terre, ses ancêtres. Pour le second, c’est un examen clinique normal, une tension dans la bonne fourchette, un bilan biologique
sans astérisque, un forum internet qui confirme que l’on est toujours en vie…
Les kanaks ont vu bien des leurs rejoindre prématurément les esprits,
malgré les guérisseurs.
Ils ont acquis du pragmatisme... >>
REF : http://www.rhumatopratique.com/wpvincre/?p=213
EN ATTENDANT, JOUR J-35 AVANT LE
DEPART :
les troupes s'entraînent
Marianne est partie pour trois jours
en remplacement en libéral pour
améliorer ses compétences en
médecine de brousse dans
un autre trou du cul du monde :
Montcuq (dans le Lot),
ça ne s'invente pas !
Mika a décidé d'adopter la coiffure
locale mais n'a pas bien saisi
où nous allions...
Léo s'entraîne à dormir
dans une case à même
le
sol.
Nico en grande forme intellectuelle
se prépare psychiquement
au décalage...
Et Buito la chatte fait déjà
les yeux doux à celui
ou celle qui l'acceuillera ...
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